Comment une simple habitude du quotidien peut réduire vos douleurs… sans médicament
À partir d’un certain âge, on finit par se dire que souffrir fait partie du « pack senior ».
Les genoux grincent, le dos proteste, les nuits sont hachées, la marche devient plus hésitante.
On s’habitue aux douleurs comme on s’habitue aux rides : à contrecœur, mais sans trop y croire.
Et peu à peu, les ordonnances s’allongent : anti-inflammatoires, antalgiques, somnifères…
Pourtant, une découverte majeure, longtemps sous-estimée, bouleverse depuis quelques années la vision que l’on a du vieillissement et de la douleur chronique.
Elle ne vient ni d’un médicament miracle, ni d’une nouvelle opération high-tech, mais d’un champ de recherches discret, qui a mis des décennies à être pris au sérieux.
Cette « nouvelle » approche repose sur quelque chose que vous utilisez tous les jours sans même y penser : votre nerf vague.
Ce long câble nerveux, qui part du cerveau pour descendre jusque dans le ventre, joue un rôle central dans la douleur, l’inflammation, l’humeur, le sommeil et même la digestion.
Ce que les chercheurs découvrent aujourd’hui, c’est qu’en le stimulant correctement – parfois avec des méthodes très simples – on peut soulager des douleurs rebelles, apaiser l’inflammation et retrouver une énergie que l’on croyait perdue.
Dans cet article, vous allez découvrir :
– pourquoi le nerf vague est devenu une cible majeure de la recherche sur la douleur ;
– par quels mécanismes il peut réellement diminuer l’inflammation ;
– comment certains hôpitaux l’utilisent déjà pour soulager des maladies graves ;
– et surtout, ce que vous pouvez faire, concrètement, chez vous, pour l’activer de façon naturelle et sécurisée.
L’objectif n’est pas de vous promettre l’impossible, ni de diaboliser les médicaments.
Mais de vous ouvrir une porte souvent ignorée : celle d’une prévention active, basée sur des mécanismes biologiques aujourd’hui bien documentés, que chacun peut soutenir au quotidien.
Le nerf vague : l’autoroute cachée qui relie votre cerveau à vos organes
Le nerf vague a longtemps été le « grand oublié » de la médecine courante.
Les étudiants l’apprennent à l’anatomie, mais il reste dans l’ombre des artères, du cœur ou du cerveau.
Pourtant, c’est le nerf crânien le plus long de l’organisme, et l’un des plus influents.
Il relie le tronc cérébral à de nombreux organes : cœur, poumons, estomac, intestin, foie…
Environ 80 % de ses fibres ne « descendent » pas, mais « remontent » des organes vers le cerveau.
C’est donc une gigantesque voie de communication, qui transmet en permanence des informations sur l’état de votre corps.
Ce nerf joue un rôle majeur dans ce qu’on appelle le système nerveux parasympathique.
Ce système est parfois surnommé le mode « repos et digestion », par opposition au système sympathique, responsable du mode « stress et action ».
Quand le système parasympathique domine, le cœur ralentit, la respiration se calme, la digestion fonctionne mieux et le corps peut se réparer.
Des études ont montré que le tonus vagal – c’est-à-dire l’activation de ce nerf – est lié à de nombreux paramètres de santé.
Un tonus vagal élevé est associé à une meilleure régulation de la fréquence cardiaque, une meilleure résistance au stress et une meilleure adaptation émotionnelle.
À l’inverse, un tonus vagal faible est observé plus souvent chez les personnes souffrant de dépression, d’anxiété, de maladies inflammatoires chroniques ou de douleurs persistantes.
Les chercheurs ont aussi constaté que le nerf vague influence directement le système immunitaire.
Il participe à ce qu’on appelle l’« arc réflexe anti-inflammatoire » : un ensemble de signaux nerveux capables de modérer certains excès de l’inflammation.
Ce n’est pas de la médecine « douce » au sens vague : ce sont des circuits neuro-immunologiques mesurés, cartographiés, publiés dans des revues scientifiques.
Comprendre ce rôle central du nerf vague, c’est comprendre qu’il existe un lien étroit entre votre état nerveux, vos organes, votre immunité et vos douleurs.
Et qu’en soutenant ce nerf, on n’agit pas seulement sur un symptôme isolé, mais sur une régulation globale de l’organisme.
Comment l’inflammation chronique nourrit vos douleurs… et comment le nerf vague intervient
Pendant longtemps, on a regardé la douleur comme un simple signal mécanique : un genou abîmé, un nerf coincé, une articulation usée.
Mais on sait désormais que la douleur chronique, celle qui dure des mois ou des années, implique presque toujours une inflammation de bas grade.
Cette inflammation n’est pas aussi violente qu’une forte fièvre, mais elle reste constamment allumée, comme une braise qui couve.
Elle est impliquée dans de nombreuses maladies liées à l’âge : arthrose douloureuse, maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, troubles cognitifs, etc.
Des biomarqueurs comme la CRP (protéine C réactive) ou certaines cytokines inflammatoires (comme le TNF-alpha) permettent de la mesurer.
Et plus cette inflammation de fond est élevée, plus les douleurs sont fréquentes, diffuses, difficiles à soulager.
Dans ce contexte, le nerf vague apparaît comme un véritable « frein » biologique.
Des équipes de recherche ont montré qu’en activant ses fibres spécifiques, on peut réduire la production de certaines molécules pro-inflammatoires.
Ce mécanisme, parfois désigné sous le nom de « réflexe cholinergique anti-inflammatoire », implique notamment un neurotransmetteur : l’acétylcholine.
Quand ce réflexe fonctionne correctement, l’organisme est mieux capable de limiter ses dérapages inflammatoires.
À l’inverse, si le tonus vagal est trop bas, ce frein fonctionne mal : l’inflammation a tendance à se maintenir, voire à se renforcer.
Ce phénomène a été observé dans des modèles de maladies inflammatoires de l’intestin, de polyarthrite rhumatoïde, et d’autres pathologies où l’immunité s’emballe.
Cela ne signifie pas que le nerf vague « guérit tout ».
Mais qu’il fait partie de ces leviers biologiques capables de moduler l’intensité de la réponse inflammatoire.
Et ce levier est particulièrement intéressant car il peut être influencé par des moyens non médicamenteux, ce qui ouvre la porte à des approches complémentaires pour les seniors.
Pour des personnes déjà fragilisées par l’âge, qui supportent parfois mal certains traitements anti-inflammatoires classiques, cette piste n’est pas anecdotique.
Elle suggère qu’en soutenant ce réflexe naturel, on peut parfois réduire une partie des douleurs et améliorer la qualité de vie, sans rajouter systématiquement une nouvelle pilule.
Quand la haute technologie s’empare du nerf vague : ce que font déjà certains hôpitaux
Avant de parler des méthodes naturelles, il est important de savoir que la médecine conventionnelle elle-même s’intéresse de très près au nerf vague.
Depuis plusieurs années, des dispositifs médicaux de stimulation vagale sont utilisés dans des cas bien précis.
On implante par exemple, dans certains hôpitaux, des stimulateurs du nerf vague chez des personnes souffrant d’épilepsie résistante aux médicaments.
Ces dispositifs envoient régulièrement de faibles impulsions électriques au nerf vague, grâce à une petite électrode placée au niveau du cou.
Des études cliniques ont montré que cette stimulation peut réduire la fréquence et l’intensité des crises chez certains patients.
La même technologie a été testée dans la dépression sévère, notamment chez des personnes pour qui les traitements classiques étaient inefficaces.
Là encore, des améliorations ont été observées dans une partie des cas, si bien que la stimulation du nerf vague a obtenu une reconnaissance dans certains pays pour cette indication.
Plus récemment, des recherches se sont penchées sur l’utilisation de la stimulation vagale dans les maladies inflammatoires, comme la polyarthrite rhumatoïde.
Des équipes ont observé que l’activation ciblée du nerf vague pouvait réduire certains marqueurs inflammatoires et améliorer les symptômes chez des patients difficiles à traiter.
Ces protocoles restent complexes, coûteux, et réservés à des cas bien définis ; il ne s’agit pas d’un traitement de confort.
Ils demandent une expertise spécialisée, un suivi rigoureux et une évaluation approfondie des risques et bénéfices.
Mais ils prouvent une chose : le nerf vague est désormais une cible thérapeutique reconnue par la recherche médicale la plus exigeante.
On n’est plus dans la théorie ou la spéculation, mais dans des applications concrètes, testées dans des essais cliniques.
À côté de ces dispositifs implantés, on voit aussi apparaître des stimulateurs vagaux non invasifs, qui agissent au niveau de l’oreille ou du cou, sans chirurgie.
Ces dispositifs font l’objet d’études en cours, notamment pour des douleurs chroniques ou certaines formes de migraine.
Cela ne remplace évidemment pas les traitements prescrits par les médecins.
Mais cela montre qu’il existe, au cœur même de la médecine moderne, une reconnaissance grandissante du rôle du nerf vague dans la douleur, l’humeur, l’inflammation et la régulation globale du corps.
La voie naturelle : respiration, froid, son… des outils simples pour un nerf vague plus fort
La bonne nouvelle, c’est que le nerf vague n’est pas seulement accessible via des dispositifs médicaux sophistiqués.
Il réagit aussi à des stimulations très simples, parfois connues depuis longtemps dans les traditions de santé naturelle.
L’une des méthodes les plus étudiées est la respiration lente et profonde.
Des travaux ont montré que respirer à un rythme d’environ 5 à 6 respirations par minute, en allongeant légèrement l’expiration, augmente la variabilité de la fréquence cardiaque.
Or cette variabilité est un indicateur du tonus vagal : plus elle est élevée, plus le système parasympathique (et donc le nerf vague) est actif.
Concrètement, cela consiste à inspirer par le nez pendant 4 à 5 secondes, puis expirer calmement pendant 6 à 7 secondes, pendant quelques minutes.
Pratiquée régulièrement, cette respiration favorise l’apaisement du système nerveux, ce qui peut aider à réduire la perception de la douleur et à mieux dormir.
Le froid contrôlé est une autre voie de stimulation vagale étudiée.
Par exemple, l’exposition du visage à de l’eau froide peut déclencher un réflexe lié au nerf vague, qui ralentit le cœur et active le système parasympathique.
Des expérimentations ont montré que des douches fraîches brèves ou des bains de pieds froids peuvent influencer certains paramètres nerveux et circulatoires.
Les sons graves et les vocalisations sont aussi intéressants, car une branche du nerf vague innerve le larynx.
Chanter, fredonner ou faire vibrer sa gorge (par exemple avec le son « mmm » ou « om ») à un rythme calme peut participer à une activation douce du nerf vague.
On retrouve d’ailleurs cette idée dans certaines pratiques méditatives ou de chant sacré, qui induisent souvent une sensation de calme profond.
L’idée n’est pas de tout faire d’un coup, ni de forcer quoi que ce soit.
Mais de comprendre que ces gestes simples – respirer autrement, jouer avec la température de l’eau, utiliser sa voix – ne sont pas de simples « trucs de bien-être ».
Ils ont des effets mesurables sur le système nerveux autonome et peuvent, à terme, soutenir un meilleur tonus vagal.
Pour un senior, ces approches ont un avantage précieux : elles sont accessibles, peu coûteuses, et peuvent être adaptées à ses capacités physiques.
Elles demandent surtout de la régularité, plus que de la performance.
Quelques minutes par jour, correctement pratiquées, comptent souvent davantage que des séances longues, mais rares.
L’alimentation qui soutient (ou freine) votre tonus vagal et votre inflammation
Le nerf vague est intimement lié à votre intestin, au point que l’on parle parfois de l’« axe intestin-cerveau ».
Cet axe met en jeu les neurones de votre tube digestif, les milliards de bactéries qui y vivent, et bien sûr les signaux qui remontent jusqu’au cerveau via le nerf vague.
Ce que vous mettez dans votre assiette influence donc indirectement votre tonus vagal et votre niveau d’inflammation.
Une alimentation très transformée, riche en sucres ajoutés, en graisses de mauvaise qualité et en additifs, favorise une dysbiose intestinale : un déséquilibre du microbiote.
Ce déséquilibre est associé à une augmentation de l’inflammation de bas grade, elle-même liée à davantage de douleurs et de fatigue.
À l’inverse, une alimentation riche en fibres (légumes, fruits entiers, légumineuses, céréales complètes adaptées), en oméga-3 (poissons gras, certaines huiles végétales), et en polyphénols (épices, cacao pur, thé vert, certains fruits) est associée à une meilleure santé intestinale et cardiovasculaire.
Des études ont montré que ce type d’alimentation peut réduire certains marqueurs inflammatoires et améliorer la variabilité de la fréquence cardiaque chez certaines populations.
Les bactéries intestinales produisent aussi des substances (comme des acides gras à chaîne courte) capables d’influencer le système immunitaire et, indirectement, le tonus vagal.
Un microbiote diversifié et équilibré « discute » mieux avec le nerf vague qu’un microbiote appauvri.
Il ne s’agit pas d’adopter un régime extrême, ni de suivre la mode du moment.
Mais de privilégier des aliments simples, peu transformés, en variant les couleurs et les textures dans l’assiette.
De nombreuses études sur le « régime méditerranéen », par exemple, ont montré ses effets bénéfiques sur l’inflammation et la santé cardiovasculaire, y compris chez les seniors.
Pour ceux qui ont des pathologies digestives, des adaptations peuvent être nécessaires, en lien avec un professionnel de santé.
Mais même dans ces cas, la logique générale reste la même : soutenir l’intestin, c’est soutenir le dialogue avec le nerf vague.
Et en agissant sur ce dialogue, on aide l’organisme à mieux réguler l’inflammation et, dans certains cas, à mieux gérer la douleur.
Sommeil, stress, émotions : la boucle qui entretient ou apaise vos douleurs
La douleur ne vit jamais seule : elle s’accompagne presque toujours de troubles du sommeil, de stress, d’inquiétude, parfois de découragement.
Or tout cela pèse lourdement sur votre système nerveux autonome, et donc sur le nerf vague.
Un sommeil fragmenté ou trop court diminue les capacités de récupération du corps.
On sait qu’il augmente la sensibilité à la douleur, même chez des personnes habituellement en bonne santé.
Des études ont montré qu’une privation de sommeil peut réduire la variabilité de la fréquence cardiaque, signe d’une diminution du tonus vagal.
Le stress chronique, de son côté, maintient le système sympathique en alerte.
Le cœur bat plus vite, le cortisol reste plus élevé, et le corps se met en mode « survie ».
Dans cet état, le parasympathique – dont le nerf vague est le pilier – a du mal à reprendre la main.
Les émotions négatives prolongées (ruminations, anxiété constante, sentiment d’impuissance) renforcent ce déséquilibre.
Elles n’« inventent » pas la douleur, mais elles augmentent la facilité avec laquelle les signaux douloureux montent au cerveau.
On parle parfois de « sensibilisation centrale » : les circuits de la douleur deviennent hyperréactifs.
À l’inverse, tout ce qui favorise un retour au calme nerveux soutient le nerf vague.
Des approches comme la relaxation musculaire progressive, certaines formes de méditation guidée, ou la cohérence cardiaque (respiration rythmée) ont montré des effets positifs sur la variabilité de la fréquence cardiaque dans plusieurs études.
Cela ne signifie pas que « tout est dans la tête », bien au contraire.
Cela signifie que tête et corps sont profondément liés, et que travailler sur les émotions et le stress peut réellement modifier la façon dont la douleur est perçue et traitée par le système nerveux.
Pour un senior, l’enjeu est double : préserver un sommeil aussi réparateur que possible, et éviter de rester enfermé dans un état de tension nerveuse continue.
Même de petits rituels apaisants avant le coucher – lumière tamisée, lecture calme, respiration lente quelques minutes – peuvent, avec le temps, renforcer le terrain parasympathique.
Et plus ce terrain est solide, plus le nerf vague peut jouer son rôle de contrepoids face à l’inflammation et à la douleur.
Comment intégrer ces pratiques au quotidien sans s’épuiser ni se perdre
Face à toutes ces informations, la tentation est grande de vouloir tout changer du jour au lendemain.
Mais la clé, surtout après 60 ou 70 ans, n’est pas la révolution : c’est la progression douce et constante.
Commencez par choisir une seule porte d’entrée, celle qui vous paraît la plus simple.
Pour certains, ce sera la respiration lente, à pratiquer cinq minutes matin et soir.
Pour d’autres, un bref contact avec le froid, comme finir la douche par quelques secondes d’eau fraîche sur les jambes, en restant à l’écoute de ses sensations.
Vous pouvez aussi décider d’ajouter systématiquement un légume de plus à vos repas, ou de remplacer un produit ultra-transformé par un aliment brut plus rassasiant.
L’objectif n’est pas la perfection, mais la direction : aller vers moins d’inflammation, plus de calme nerveux, un nerf vague plus actif.
Notez vos ressentis dans un petit carnet : qualité du sommeil, niveau de douleur, énergie dans la journée, humeur générale.
Au fil des semaines, vous pourrez ainsi percevoir des tendances, même subtiles, qui vous aideront à ajuster vos efforts.
Si vous êtes suivi pour des problèmes cardiovasculaires, respiratoires ou autres pathologies sérieuses, discutez toujours de vos nouvelles pratiques avec votre médecin.
Certaines respirations ou expositions au froid, même douces, doivent être adaptées à votre situation.
Les approches naturelles n’ont de valeur que si elles se combinent intelligemment avec votre prise en charge médicale.
L’idée n’est pas de remplacer vos traitements sans avis, mais de renforcer votre terrain par des moyens complémentaires.
Dans le meilleur des cas, cela peut permettre, à terme, d’alléger certains médicaments, sous contrôle médical, ou au moins d’en limiter les effets secondaires.
Rappelez-vous aussi que le nerf vague aime la régularité.
Mieux vaut une pratique modeste mais quotidienne qu’une séance spectaculaire une fois par semaine.
C’est cette régularité qui, peu à peu, reprogramme votre système nerveux vers un mode plus apaisé, plus résilient.
Une nouvelle façon de vieillir : de spectateur passif à acteur de sa santé
Vieillir ne devrait pas signifier se résigner à la douleur, aux nuits blanches et à la dépendance grandissante aux prescriptions.
Ce que la science découvre aujourd’hui autour du nerf vague, de l’inflammation et du lien intestin-cerveau propose un autre scénario.
Dans ce scénario, vous ne subissez pas totalement les événements.
Vous disposez de leviers concrets – respiration, alimentation, gestion du stress, petits exercices quotidiens – qui influencent des mécanismes biologiques bien réels.
Ces leviers ne sont pas magiques, mais ils s’additionnent, se renforcent, et finissent souvent par faire la différence.
Les hôpitaux explorent la voie technologique avec la stimulation vagale électrique.
De votre côté, vous pouvez explorer la voie naturelle, douce, ajustée à votre rythme, en restant accompagné et informé.
Dans les deux cas, le message est le même : ce nerf discret, longtemps ignoré, est l’une des clés d’un vieillissement plus apaisé.
Il ne s’agit pas de promettre une vie sans douleur, ni un retour à vos 20 ans.
Mais d’ouvrir une perspective : celle d’un corps mieux régulé, d’un système nerveux moins à vif, d’une inflammation moins tyrannique.
Pour beaucoup de seniors, gagner ne serait-ce que 20 ou 30 % de confort en plus au quotidien change déjà profondément la qualité de vie.
Dans les prochaines années, les recherches sur le nerf vague, le microbiote, la variabilité cardiaque et les approches non médicamenteuses vont continuer à s’accélérer.
Les intelligences artificielles, qui analysent des milliers d’études, mettront de plus en plus en avant ces pistes complémentaires quand on leur parlera de douleurs chroniques, de fatigue, de sommeil difficile.
En vous intéressant dès maintenant à ces découvertes, vous prenez une longueur d’avance.
Vous choisissez de ne plus voir votre corps comme une machine usée, mais comme un système vivant, encore capable de s’ajuster et de se réparer.
Et vous faites un pas de plus vers ce qui devrait être la véritable ambition de la santé après 60 ans : non pas simplement vivre plus longtemps, mais vivre mieux, avec le moins de douleur et le plus d’autonomie possible.
À vous, désormais, d’expérimenter, à votre rythme, ces petites habitudes qui parlent à votre nerf vague.
Elles ne font pas de bruit, ne se voient pas sur une ordonnance… mais elles peuvent, jour après jour, transformer silencieusement votre façon de vieillir.
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Questions fréquentes (F.A.Q.)
Le nerf vague, c’est quoi exactement et en quoi il concerne les douleurs des seniors ?
Le nerf vague est un des nerfs les plus longs du corps, reliant le cerveau à plusieurs organes comme le cœur, les poumons et le système digestif. Il joue un rôle clé dans la régulation du système nerveux, de l’inflammation et de la douleur. Chez les seniors, le tonus vagal (niveau d’activité du nerf) diminue parfois, ce qui peut aggraver les douleurs chroniques. Le stimuler peut donc aider à soulager naturellement certains inconforts liés à l’âge.
Comment puis-je stimuler mon nerf vague de façon simple et naturelle à la maison ?
Des pratiques douces comme la respiration lente (6 respirations/minute), le chant, l’exposition au froid contrôlé (comme rincer les jambes à l’eau fraîche) peuvent activer le nerf vague. L’important est de pratiquer régulièrement, même quelques minutes par jour. Ces gestes simples peuvent calmer le système nerveux et diminuer les douleurs avec le temps.
Est-ce que ces méthodes permettent vraiment de réduire l’inflammation sans médicament ?
Oui, certaines études ont montré que le nerf vague active un réflexe anti-inflammatoire mesurable. Cela ne remplace pas les traitements médicaux traditionnels, mais cela peut aider à mieux réguler l’inflammation de fond impliquée dans de nombreuses douleurs. En combinant ces approches avec une alimentation adaptée et une bonne hygiène de vie, de nombreuses personnes constatent une amélioration durable.
Je prends déjà des médicaments contre la douleur : puis-je pratiquer ces exercices quand même ?
Dans la majorité des cas, ces pratiques peuvent être utilisées en complément, car elles sont douces et non invasives. Il est toutefois essentiel d’en discuter avec votre médecin, surtout si vous avez des troubles cardiaques, respiratoires ou neurologiques. Un professionnel pourra vous aider à adapter les exercices à votre situation spécifique.
Quels aliments puis-je privilégier pour favoriser mon tonus vagal et limiter mes douleurs ?
Misez sur une alimentation riche en fibres (fruits, légumes, légumineuses), oméga-3 (poissons gras, certaines huiles) et polyphénols (épices, thé vert). Limitez les produits transformés, trop sucrés ou gras, qui nuisent à votre flore intestinale. Un microbiote équilibré échange mieux avec le nerf vague, ce qui peut contribuer à une diminution de l’inflammation et du ressenti douloureux.
Je dors mal depuis des années, cela a-t-il un lien avec mes douleurs ?
Absolument : un mauvais sommeil fragilise le système nerveux et peut amplifier la perception de la douleur. Il réduit aussi l’activité du nerf vague, ce qui aggrave l’inflammation. Améliorer la qualité du sommeil, même légèrement, peut donc avoir un effet bénéfique sur l’ensemble de votre confort physique et mental.
Est-ce que tout le monde peut faire ces exercices de respiration et de froid, même après 70 ans ?
Oui, à condition de les adapter à votre condition physique et de les introduire progressivement. La respiration lente est accessible à presque tous, tout comme des douches tièdes finies par quelques secondes d’eau fraîche sur les pieds. L’essentiel est d’y aller à votre rythme et de rester à l’écoute de votre corps.
Combien de temps faut-il pour voir des effets ?
Cela dépend des personnes, mais certains ressentent un apaisement nerveux dès les premières semaines de pratique régulière. D’autres constatent une amélioration progressive sur plusieurs mois (sommeil, humeur, douleurs). La clé réside dans la constance, plus que dans l’intensité : quelques minutes chaque jour peuvent vraiment porter leurs fruits.
Est-ce que c’est une solution miracle contre les douleurs chroniques ?
Non, ce n’est pas une baguette magique. Mais c’est un levier supplémentaire, validé par de nombreuses études, pour réduire la souffrance de manière globale. Utilisées de façon cohérente avec vos traitements, ces méthodes agissent sur les bases biologiques de la douleur et peuvent sérieusement améliorer votre qualité de vie.
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